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mardi 3 septembre 2013

L’intelligence collective et collaborative est un langage.

Dans la mesure où nous parlons, nous nous connectons pour former un corps social, une psyché groupale et cognitive. Dans la mesure où nous vivons en société, nous parlons pour échanger, pour communiquer aux autres soit nos idées, nos passions, nos émotions, soit nos besoins, nos désirs, nos envies, le langage de l’intelligence collective tire donc sa raison de la société et en est lui-même l'effet.
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L'intelligence collective s'apprend comme une langue vivante. C’est un système de signes qui unit par convention une idée, un concept et un son, une image acoustique. Dans l'espèce humaine, le développement l’intelligence collective et collaborative est un processus qui nous poursuit depuis le début de l’humanité et peut être même avant cela. Au sein de notre espèce et dès la naissance, son apprentissage débute très tôt et se poursuit tout au long de la vie de l'individu d’une façon automatisée et totalement inconsciente sur ses fondements.
L'acquisition de ce langage c’est fait par le biais des cinq sens : ouïe, vue, toucher, odorat, et goût, qui aident à la structuration du cerveau afin de reconnaître les stimuli collectifs et collaboratifs et sociaux. C'est un langage qu'il nous faut conscientiser pour aborder la complexité et l’incertitude du monde et remettre à la surface de notre conscience pour mieux communiquer et partager. Sans le réapprentissage de cette langue enfouie au plus profond de nous, nous n'avons aucun accès efficace et performant à la mobilisation et l’agilité collective et au management de l’intelligence collective au sein de nos organisations.  Cette langue qui nous semble étrangère et sans aucune conscience du sens des échanges, il nous est impossible de comprendre comment stimuler l’intelligence collective. Ne pas connaitre cette langue c’est rester aveugle au fonctionnement de l’intelligence collective.
Les études en psycho-sociologie mettent en évidence que le sens le plus utilisé est d'abord l'ouïe, très développé chez le nouveau-né (et déjà utilisé par le fœtus qui distingue les intonations, les mélodies de la voix de sa mère) qui lui permet de réaliser une discrimination positive des sons du « mamanet », consiste en un vocabulaire simplifié, un rythme plus lent, des répétitions fréquentes et une voix chantante plus aigüe), ce « langage bébé » lui facilitant l'apprentissage. L'acquisition du langage de l’intelligence collective et collaborative procède par ce genre d’apprentissage et imitation sociale. C’est un réapprentissage du fonctionnement social de nos cultures.
Apprendre la mobilisation de l’intelligence collective et collaborative c’est apprendre la capacité d’observation et d'exprimer ses pensées, ses émotions et son ressenti et de communiquer au moyen d'un système de signes non-verbaux, de signaux faibles, d’émotions et de mots. L’observation systémique de  cette communication entre mes êtres  est un langage basé sur  la métacommunication. Et méta-communiquer avec un regard systémique.
Juste rappeler que cette approche est toujours globale, grâce à une vision holistique et permet d'aborder des sujets complexes qui restent réfractaires à l'approche parcellaire des sciences exactes issues du  cartésianisme. Le langage de la pensée systémique consiste à regrouper les éléments individuels d'un système sous des points de vue particuliers. Elle est définie comme une façon de voir les phénomènes et les corrélations complexes dans leur intégralité selon une approche interdisciplinaire. L'objectif de l'approche systémique est la modélisation, c'est-à-dire la figuration d'une réalité complexe sous la forme d'un modèle simplifié, plus facilement compréhensible.
Reste des questions qui soulèvent des interrogations:
  • Ce langage de l’intelligence collective est-il interculturel ou culturel ?
  • Quelle modélisation et pour quel objectif ?
  • Quels sont les bienfaits de la mobilisation de l'intelligence collective ?

6 Comportements pour mieux gérer ses ressources cognitives

ÉVITEZ LES SOURCES DE DISTRACTION: emails, SMS, discussions sur les réseaux sociaux ... Dans notre société hyper-connectée, nous sommes sollicités de toutes parts. D'après une étude publiée en 2010, il-serait impossible pour un salarié français de rester concentré sur une tâche plus de 12 minutes sans être interrompu. Pour y remédier, "débranchez" au maximum: coupez votre téléphone, quittez votre navigateur internet et votre messagerie. Pour une durée limitée, mais pendant laquelle vous gagnerez en efficacité.

MODULEZ VOTRE EFFORT EN FONCTION DU TYPE D'ACTIVITÉ: face à une tâche peu intéressante, il est difficile de rester investi. Vous pouvez par exemple vous fixer des objectifs précis, par étapes, qui, vous permettront de mieux quantifier l'effort à fournir, ou encore programmer une activité plus agréable juste après, à la manière d'une récompense.

Pour les tâches complexes, il faut essayer d'anticiper le plus possible afin de se préparer de façon adéquate. Dans un cas comme dans l'autre, la charge mentale est importante. La durée de sollicitation doit donc être limitée dans le temps afin de ne pas épuiser ses ressources.

DÉVELOPPEZ VOTRE EXPERTISE: améliorer notre connaissance d'un domaine nous permet d'augmenter le nombre d'informations que nous traitons de manière automatique, et donc de diminuer la charge mentale. Un jeune conducteur, par exemple, devra se concentrer sur l'embrayage, le passage des vitesses, les commandes au volant, tout en prêtant attention à ce qu'il se passe sur la route. Un travail cognitif important! Avec plus d'expérience, le même conducteur aura automatisé tous ces gestes. Il sera donc en mesure de dégager de nouvelles ressources pour renforcer son attention.

DONNEZ DU SENS À CE QUE VOUS FAITES: avoir conscience de son rôle dans un processus général, de production par exemple, est primordial pour rester motivé. En considérant de manière globale l'entreprise au sein de laquelle vous travaillez, vous vous rendrez compte de l'importance de votre place. Cette vision élargie vous permettra de mobiliser des ressources dans la réalisation d'activités, même fastidieuses.

PRIVILÉGIEZ VOTRE ZONE DE CONFORT: contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, il est peu efficace d'adopter un niveau d'exigence trop élevé, car cela sature nos capacités de traitement. Dans notre zone de confort, en revanche, les données que nous manipulons sont familières. Nous sommes donc capables de structurer facilement un grand nombre d'informations tout en conservant une charge mentale ténue. C'est dans cette configuration que vous réaliserez les meilleures performances sans pour autant fournir d'efforts intenses.

UTILISEZ VOTRE MÉMOIRE ÉPISODIQUE: il s'agit de notre mémoire autobiographique, qui "stocke" les événements que nous avons vécus. Puisqu'elle est associée à notre histoire, nous la maîtrisons particulièrement bien et pouvons manipuler aisément les souvenirs qui la constituent. Par exemple, vous vous souvenez facilement qu'Oulan-Bator est la capitale de la Mongolie si vous y êtes déjà allé. Lorsque vous souhaitez mémoriser une nouvelle information, essayez de vous l'approprier de manière personnelle. Il sera ensuite beaucoup plus simple de vous en rappeler.

Le monde de l’intelligence N°30

[Manifeste des règles de l’IC] – le rôle des normes sociales – freins ou boosters – de la mobilisation de l’intelligence collective et collaborative.

Les normes sociales: une technologie cognitive :normes sociales
Certains  usages sont prescrits par un ensemble de règles auxquelles les individus doivent se plier dans le groupe auquel ils appartiennent. Il y a ainsi des normes  esthétiques, des normes linguistiques, des normes de politesse, des normes alimentaires, des normes morales etc. Le champ de ces normes est quasi infini, et  il est difficile de repérer un domaine de la vie sociale qui échappe à des règles  prescriptives. Ces normes ont donc un caractère obligatoire au sein d’un  groupe donné, et sont renforcées par des sanctions positives ou des sanctions  négatives, c’est-à-dire par des encouragements à se comporter conformément  à ces normes ou par des punitions en cas d’écart ou de déviance et la force avec laquelle elles peuvent s’imposer dans un groupe social.
La norme est donc un outil cognitif collectif, susceptible de révisions, dans la mesure où elle est au centre d’une organisation qui sait capitaliser et mettre en commun les savoirs individuels et collectifs. En ce sens la norme est  une « technologie cognitive » développant des potentialités collectives.
La peur de l’exclusion :
Il existe des normes formelles, (écrites : lois, différents codes et règlements). Il existe également des normes informelles qui constituent en fait les mœurs, les habitudes, les coutumes, etc (ex.: politesse, rythme de repas). Le non-respect de ces normes entraîne généralement des sanctions. Dans le cas de normes formelles, il s’agira des prisons, amendes, licenciements, etc. Sinon il s’agira principalement de sanctions morales telles que des brimades, allant jusqu’à l’exclusion d’un individu de son groupe d’appartenance. La plupart des membres de la société ou du groupe accordent donc une valeur à celles-ci. Le respect de ces normes contribue donc à la cohésion sociale, mais s’en écarter amène à une fracture à cause de la sanction pouvant aller jusqu’à l’exclusion.
La création de normes sociales :
Une norme sociale réfère à une règle de conduite dans une société ou un groupe social, notamment des manières d’agir. Les normes sociales définissent le domaine de l’action sociale en précisant ce que l’individu peut ou ne peut pas faire. Elles traduisent les valeurs et les idéaux dominants de la société ou du groupe.
Une norme est donc une règle implicite (non dite) qui nous fait penser, agir sans pour autant qu’elle ait un quelconque critère de vérité:
  1. Une norme va vous dire implicitement ce qu’il convient de faire ou de ne pas faire.
  2. La norme s’instaure indépendamment de tous critères de vérité.
  3. Une norme n’est jamais réalisée sous la contrainte.
  4. Une norme fonctionne toujours par l’intériorisation des valeurs.
  5. Les normes émanent toujours d’un groupe social ou d’une société.
Elle est :
  1. L’expression d’une collectivité et d’un consensus.
  2. Fait l’objet d’un apprentissage social, d’une transmission sociale
  3. Renvoie à de la valeur
  4. Désirable mais ne renvoie pas à un critère de vérité
Pour changer de normes sociales et nous adapter à un contexte inédit, il faut que la situation soit nouvelle, naissante ou que l’environnement physique soit ambigu, stressant, complexe et incertaine. Il y a donc une absence de normes collectives avant l’expérience.  L’incertitude engage l’individu aux changements :
  1. Les gens sont incertains quant à leurs réponses (quand à ce qu’ils doivent penser, percevoir, sentir et faire)
  2. Les gens, en exerçant une influence réciproque les uns sur les autres, convergent, au cours du temps, vers une norme commune qui va sceller leur certitude.
Comment l’intelligence collective favorise une force collective de changement ?
La première des capacités de l’individu est d’inventer des solutions aux problèmes qu’il rencontre, d’accroître ses compétences et de réaliser ses projets. Dès lors que « les technologies cognitives » se sont développées dans le travail de production de sens, de valeurs et de normes, elles procurent aux individus une forme d’accumulation des solutions déjà élaborées et d’augmentation collective des richesses. Cette accumulation peut se transformer en intégration de savoirs de manière cohérente et cohésive, ou fragmentées et ajustées aux situations locales et à l’incertitude de l’action, de son déroulement et de sa coordination.
La socialisation permet de transmettre des valeurs, dont les valeurs dites « centrales », du sens et des normes.  Les normes sociales rassemblent de nouvelles règles de conduite et des modèles de comportement prescrits par l’organisation. Elles affectent les coutumes, les traditions, les systèmes de valeurs progressivement élaborés au sein de cette organisation. La performance et la compétition sont un exemple de valeur intégrée à la norme sociale en vigueur. Y résister peut conduire à la marginalisation.
La complexité et l’incertitude changent la norme sociale
Les normes sociales et culturelles affectent l’ensemble des activités des individus : personnelles, familiales, professionnelles. Elles ont très souvent un caractère régional ou national et montrent une grande diversité au niveau géographique (habitudes vestimentaires, interdits ou coutumes alimentaires, place de la cellule familiale). Cependant, les normes sociales qui intègrent la performance en leur sein sont, parmi d’autres, fondées sur desexigences de compétitivité que la mondialisation a rendues planétaires. Selon ces normes sociales, le mode de vie de chacun est rythmé par l’enchaînement d’activités professionnelles et d’activités de loisir (tourisme, sports, culture) de plus en plus exigeantes en efficacité. Rythme difficile à tenir qui peut amener à des conduites dopantes plus fréquentes, de burn out, de dépression et de suicide. Ces conduites addictives pénalisantes favorisent la mobilisation du collectif à découvrir de nouvelles normes et réduire la surcharge mentale afin de retrouver du bien-être au travail.
D’autres dispositifs et technologies cognitives, comme mettre en œuvre l’intelligence collective et collaborative et bien d’autres, se développent pour ajuster les pratiques à une société industrielle en constante transformation. La norme est alors instrumentale au service du « progrès » : transformer un réel social insatisfaisant, satisfaire des besoins collectifs dans une situation donnée et rendre rationnel le réel. Elle s’accompagne du développement de la responsabilité, de l’autonomie et de l’interdépendance de groupes sociaux souvent marginaux dans leur aventure de changement et d’innovation sociale.
L’apprentissage cognitif, un outil d’adaptation :
De l’importance de la nécessité d’un apprentissage cognitif : dans un monde complexe et incertain, les acteurs développent un apprentissage de l’agir. Cet apprentissage permet à la capacité du vivant à résoudre des problèmes liés aux contraintes de son environnement, non pas en s’adaptant mais en inventant de nouvelles solutions ou nouvelles procédures. La procédure innovante est un instrument de réduction de la complexité et, est un dispositif organisationnel permettant de faire l’économie du consensus en instituant une attente cognitive de bien-être.
L’importance des organisations est sous-estimée dans la formation et l’accumulation du savoir collectif. « Les interactions prennent place dans des réseaux organisationnels qui accumulent, mémorisent et formatent le savoir collectif ». Pour résoudre l’incertitude constitutive de la vie sociale, la communication et les réseaux sociaux permet de stabiliser les attentes, et joue ainsi un rôle fonctionnel. Dans cette perspective, les normes sont fondatrices du lien social. La norme est une modalité nécessaire de la communication sociale ; celle-ci est un opérateur permettant la réduction de la complexité et de l’insécurité.

dimanche 11 août 2013

L'intelligence collective agit comme une transe sociale.


L'émergence de l'intelligence collective agit par transe sociale.

L'intelligence collective surgit dès qu’il y a un groupe.
Avec l'intelligence collective, chacun demeure unique tout en appartenant au groupe.
L’intelligence collective produit immédiatement de la norme quand elle émerge.
L'intelligence collective c'est transformer les normes sociales et les codes sociaux.
L'intelligence collective est une construction mentale veille de millions d'années.
L'émergence de l'intelligence collective agit par transe sociale.
L'émergence de la conscience collective est une actualisation de l'inconscient collectif.
L'intelligence collective conscientisée permet aux écosystèmes, de ne pas rester dans une transe, dans laquelle tous les rôles sociaux seraient suspendus, les identités devenant instables, la fusion et la confusion devenant la règle.
La conscience collective est une prise de conscience de la réalité commune s’appuyant sur l’inconscient collectif.
L'intelligence collective c’est de permettre  une discussion sur le sens commun, la rendre disponible à la controverse et c’est faire une œuvre morale et éthique.

Bien que nous restons aveugles à la construction d’une grande partie de notre réalité consciente, le traitement neuronal de l’information en provenance de nos capteurs sensoriels nous reste invisible. L’intelligence collective reste pour la plupart du temps non accessible et non consciente aux consciences individuelles, même si elle induit un besoin fondamental de communion et doit être considérée comme un produit du social. Pour y accéder consciemment, il est besoin d’une volonté de neuf et de Co création commune et d'un état de conscience collectif modifié ou avancé. Cet état d’accueil aux changements passe par un état avancé de la conscience antérieure puis d'une prise de conscience commune sur la réalité de cet état en mouvement.

L'intelligence collective se construit à partir des croyances et valeurs acceptées communément par tous dans le corps social. Ces croyances et valeurs sont le résultat d’un long travail collectif de survie sur des milliers d’années et conditionnent fortement notre psyché collective totalement  par la culture et les traditions à un niveau inconscient. Bien souvent sous-jacente à toutes nos décisions, elle nous influence inconsciemment plus que de raison et nous interroge sur le déploiement de notre libre arbitre au sein d'une culture donnée.

Les humains sont disposés à adopter d’autres manières de penser, de sentir et d’agir qui leurs sont externes en provenance du champ social dans lequel ils baignent. Puis les contraignent à renégocier pour accepter un nouvel état de conscience collectif stable au travers de nouveaux codes sociaux ou croyances. La prise de conscience collective proviendrait de ce que le groupe perçoit la puissance du social et en même temps la totalité des normes exprimées et interprète cette puissance comme une manifestation qui transcende la tradition, cette psyché groupale non encore consciente.

Pour qu’une scène sociale soit pétillante, il faut que tout ou partie des normes soient sous-entendues, inconscientes et ne doivent pas faire l’objet d’une renégociation avant chaque démarche sociale. C’est parce que la norme est assimilée et inconsciente qu’elle s’apparente à un acte social et à un choix individuel. L’intelligence collective  installe le décor social et le jeu social dans lequel chacun nous voyage. De là, on devrait penser que ce dont la sagesse des foules s’émeut lors d’un rassemblement, c’est de sa faculté à produire un système symbolique et de normes non conscientes qui permettent à chacun de demeurer unique tout en appartenant au groupe. L'intelligence collective élabore consciemment ces ensembles de normes suivant certaines conditions éthiques du groupe. De son émergence à sa stabilisation et son intégration inconsciemment, elle est changeant, modelable, et son analyse sculpte des étapes et des formes élémentaires souvent symboliques de socialisation.

Prendre conscience de la manifestation de l'intelligence collective dépend d’une disposition de chacun à l’assimilation consciente ou inconsciente de normes, de règles, de codes, à leur mise en jeu consciente ou inconsciente dans l’action sociale. Le non conscient collectif serait alors l’ensemble des normes acceptées implicitement pour faire naître un décor social. Dans une telle perspective, nous pouvons considérer le moment du rassemblement et de mobilisation de l’intelligence collective comme celui de la création ou du renouvellement des normes. Tout se passe comme si ces dernières étaient naturellement induites par le rassemblement pour permettre au groupe de se maintenir, d’absorber sans assimiler, de rapprocher en chacun le conforme et le divergent.

C’est une fonction élémentaire de socialisation qui permet à chacun d’appréhender consciemment ou inconsciemment un ensemble de normes, de règles sociales  et de contraintes opératoires collectives fondent la cohésion d’un groupe, son unité et son identité  et sa mobilisation. Cette disposition de l’activation consciente de l’intelligence collective  permet à la fois l'acquisition du changement social, de sa compréhension  et de l’appropriation à l'intérieur d'une synthèse proprement individuelle. J’accueille et j’intègre le changement en moi par la pression sociale.

Au-delà de l’isolement individuel, l'intelligence collective regarde cette part inconsciente de la vie sociale au sens du rassemblement, du groupe, de la vie commune comme le terreau du changement. Une disposition collective à la réceptivité de la perception consciente des messages de l'inconscient collectif, est probablement la chose la plus cohésive et qui rapproche le plus les membres d'une communauté. En effet, l'essentiel des faits sociaux incorporent des manières de sentir, d’être ou d'agir qui rapprochent les individus. Souvent acquis par l'essence et la puissance du « NOUS ».

Cette puissance du collectif n’agit pas que sur l’esprit de groupe mais encore plus sur les organismes par le biais de l’inconscient collectif. Les humains se sont identifiés grâce aux symboles, et leur existence psychique en dépend maintenant. Ces symboles peuvent n’être qu’un mot, une formule mystérieuse. Élaborer un système symbolique serait une étape nécessaire pour maintenir la différence, la pluralité des individus dans le mouvement de communion émotionnelle et relationnelle. Les approches de mobilisation de l’intelligence collaborative  basées sur un système symbolique révèlent de leur efficacité. Un système symbolique serait ainsi en même temps la condition de potentialité et la fragmentation de toute communion et de tout rassemblement, le point d’équilibre entre intégration et normalisation. La norme permet d’établir la hiérarchie, les différents statuts, les frontières et ainsi de maintenir la multiplicité des êtres et genres humains. Elle permet aux individus de communier sans fusionner, en créant, dans un système symbolique, les éléments de la distinction (communauté, famille, individu, hiérarchie…). Elle est le point essentiel des relations intersubjectives.

Notre évolution hyper-individualiste nous fait prendre conscience de l'importance du changement collectif et de nos zones invisibles, de notre ignorance et notre aveuglement à son sujet et de notre besoin de rééquilibrage en adoptant de nouvelles règles sociales et collectives. L'intelligence collective consciente rejoint la thérapie sociale du corps social. Elle est capable de transformer radicalement la pensée collective et par conséquent nos organisations et d’atteindre le cœur du corps social.  Le rassemblement est ici pensé comme un moment de transe où s’exprime un besoin ou un désir de communion. L’intelligence collective pourrait être conçue comme ce qui, dans la communion, apporte les normes, les contraintes et les codes qui permettent de maintenir des différences et d’éviter que la communion ne devienne fusion.






Comment mener une approche de l’intelligence collective au sein des organisations.


Comment mener une approche de l’intelligence collective au sein des organisations.
Aujourd’hui l’intelligence collective est à la mode et est perçue comme une réponse à la compétition entre les organisations pour attirer les talents et en même temps comme un système sociale novateur.

Le réservoir de créativité qu’offre la cooperation et le collaboratif est considérable et propre à permettre une percée collective en termes d’innovation sociale et organisationnelle. L'organisation de demain sera avide de changement, innovante dans son approche relationnelle, intègre, révolutionnaire, responsable et authentique, avec une vision globale et durable de son impact sur l’environnement.

Le changement devient le principal défi pour les organisations avec comme réponse : l’innovation et la réactivité.  Ceci en intégrant la demande du corps social dans le processus de gouvernance, de leadership créatif, adaptatif et agile, de transparence, d’engagement, de confiance, de vision partagée, de valeurs communes, d’ouverture, de passion, ce qui favorise des comportements d'une culture cohésive et socio-affective plus vaste au sein des organisations.

L’organisation intelligente fait appel à l’intelligence relationnelle et émotionnelle ; comprenant l’intelligence verbale (capacité à communiquer), l’intelligence intra-personnelle (capacité à se comprendre) et l’intelligence interpersonnelle (capacité à comprendre l’autre, empathie).

L’intelligence collective en se déployant devient la capacité d’engagement, "à quoi" et "envers qui", d’un individu à être co-responsable de ses actes et de ceux du groupe.

La cohésion opérative engage vers  le "comment faire" par des tactiques, stratégies et plan d’actions et prône le changement dans la continuité, la régularité, le contrôle, la justice, alors que la cohésion socio-affective engage vers le "comment être" par des valeurs, des principes, des comportements et des attitudes communes. Elle prône l’initiative face à l’avenir imprévisible et favorise de nouvelles conditions émergentes novatrices. (Oser le changement)

L’intelligence collective adaptative d’un système peut être spontanée lors de tensions créatives importantes  non exprimées et souvent accompagnée d’un leader visionnaire, d’un martyr ou construite avec l’aide d’un coach, d’un leader ou dirigeant. L’acteur principal devient l’élément déclencheur  de cohésion et de prises de conscience dont l’un des prérequis majeur est une capacité méta au sein du système ou de l’organisation. (Metacommunication: art d'observer le système du dehors et du dedans en même temps, voir approche systémique).

L’homme au travers de son éveil  de conscience ( travail sur soi) peut être un facteur de régulation, il devient le déclencheur ou le contributeur de la mobilisation de l’intelligence collective.

Ainsi la capacité d’adaptation et d’engagement face à l’incertitude et la complexité grandissante de notre économie, puis vers une vision partagée, un but, une mission, un objectif commun  fait apparaitre des préoccupations majeurs auprès des leaders, dirigeants, managers : la nécessité de se montrer plus agile, réactif, plus souple avec une grande appétence pour l’innovation, l’initiative personnelle, le changement organisationnel, la responsabilité de toute chose qui potentialise le désordre et le chaos. La créativité devient donc un élément obligatoire de transformation créatrice de désordre.

Loin de la préservation, la transformation nous met devant un désir de changement et à la fois devant l’inconnu et un vide créateur. Elle nous amène dans nos zones personnelles et collectives d’inconfort, zones dites aveugles remplies d'une grande potentialité de renouveau.

Alors que l’homéostasie favorise un état stable dont le contrôle, les processus, la hiérarchie, la planification, l’aversion au risque, la bureaucratie et vers tout ce qui concoure à la solidité structurelle garante de stabilité, de croissance face à la pression l’environnement et au champ social, l’innovation déstabilise est porte sur la façon de manager, de mener des opérations, de s’allier, de collaborer, de former des partenariats et de travailler ensemble vers un but commun.

L’intelligence collective est un système complexe parce qu’il est composé d’un nombre important de participants indépendants qui sont en interaction les uns avec les autres. De fait, l’utilisation des médias sociaux devient un avantage concurrentiel important et un outil d’interactions relationnelles entre les personnes et les organisations. Elle nous transforme en créateur de connaissance collective indépendante de la créativité des penseurs.

Comment mobiliser l’intelligence collective au sein des organisations ?
Un leadership partagé et le leader performant de demain aura cette capacité à percevoir les émotions, à les comprendre, à les intégrer à la pensée. Ses aptitudes à la compréhension de soi et des autres, de sa propre conscience de soi, sa capacité à établir de bonnes relations, de contrôle de soi, sa conscience sociale, sa capacité à inspirer, influencer et gérer les conflits, s’adapter à l’environnement feront de lui un leader naturel.

Quelques questions restent en suspend:
- Alors que l'organisation seront des systèmes ouverts assemblant un leader, un mode de gouvernance, une culture d’entreprise, une organisation, des modes de fonctionnement, de la technologie et parfois d’autre cultures, comment développer une intelligence partout distribuée, sans cesse valorisée et renouvelée, coordonnée en temps réel, qui aboutit à une mobilisation effective des compétences et des talents ?
- Comment devons-nous écouter les autres pour que ce forme un chant collectif à l’unisson (la voix du groupe) ?
-Comment créer un modèle où les valeurs et les comportements permettent d’enrichir le contenu au profit de la collectivité ?
-Le coaching joue-t-il un rôle prépondérant dans la mise en œuvre de stratégie conduisant à l’intelligence collective ?
-Un leader visionnaire en mobilisation de l’intelligence collective  doit-il être : authentique, pragmatique, solide, communicateur, créatif, charismatique, respectueux des autres, consensuel, posséder une éthique irréprochable, motivant, sincère, simple, inspirant ?

La souffrance de l’échec collectif : Un booster de l’intelligence collective


C’est la capacité à tolérer l’échec et l’obstination à régler cet échec qui éveille toute l’intelligence des hommes. Faire l’expérience de l’échec individuellement et collectivement, c’est faire l’expérience du réel quand la maitrise se dérobe. La complexité et l’incertitude du monde actuel nous poussent de plus en plus au réel et nous poussent par conséquent à l’expérimentation de l'échec face aux défis du changement en cours de nos organisations.  

Cet environnement complexe et incertain grandissant du réel, nous fait ressentir en permanence un nombre de plus en plus important d’erreurs et d’échecs. Faire l’expérience de ces échecs et l’endurer jusqu’à trouver une réponse est un acte d’une grande intelligence créative individuelle ou collective.
Notre capacité à tolérer l’échec et s’obstiner à régler cet échec est une expérience affective forte qui nous contraint à sortir de la souffrance qu’elle engendre, en nous mettant parfois face à notre instinct de survie. En général l’échec est une expérience affective et amène la surprise, l’interrogation, le doute sur soi et la réalité, l’irritation, la colère, la déception, parfois le découragement, voire un constat d’incompétence.   

C’est donc l’endurance à la souffrance et à ce qui nous résiste, qui guide et provoque l’intelligence des hommes. La souffrance nous pousse donc à transformer le réel en plaisir et facilité. L’espèce humaine a traversé les âges par ce processus de stimulation de l’intelligence individuelle et collective en faisant face à cette souffrance de l’échec. Il en va de même dans l'adaptation de nos organisations actuelles. 

La transformation de nos organisations nous met de plus en plus face à de nombreux défis et une quantité d’échecs invraisemblable. Comme le temps nous fait défaut pour régler ces défis et échecs insurmontables seul, nous sommes amenés de plus en plus à mobiliser la créativité et stimuler l’intelligence collective et collaborative pour nous adapter et trouver des solutions dans des délais satisfaisants. 

Faire l’expérience de l’échec collectivement, puis accepter de se faire habiter par celui-ci, voire se faire « coloniser » par ces expériences du réel (individuellement et collectivement) qui s’opposent à la maitrise du moment, est un acte hautement stimulant de l’intelligence humaine. Accepter l’insomnie, l’agacement et la permanence de l’idée fixe, se faire dévorer la pensée par cette obstination de réponse à l’échec, en rêver, stimuler l’imagination, pour qu’un beau matin vienne l’idée géniale, souvent co-construite, permettant de détourner l’échec et d’inventer une nouvelle solution est d'une grande jouissance collective.
De l’importance du processus d’animation collective de résolution d’échecs : cercle de dialogue, de pratique, d’échanges, etc…juste pour partager nos imaginations ....

mardi 18 juin 2013

Comment créer un contexte social favorable à l'intelligence collective et l'innovation ?

Comment créer un contexte social favorable à l'intelligence collective et l'innovation ?

Quels mécanismes et phénomènes psychologiques, sociologiques et cognitifs entrent en jeu dans les processus d'intelligence collective et d'innovation?
 
A travers la construction d'un nouveau paradigme, Thomas Bonnecarrere tente de déterminer comment optimiser les échanges interindividuels afin de favoriser l'émergence d'effets collectifs bénéfiques et ainsi faire face aux enjeux du 21ème siècle.
 
Ce livre a été sélectionné par l'Institut Francophone de l'Intelligence Collective et est préfacé par son fondateur. Il est placé sous licence Creative Commons, l'auteur vous encourage donc à le partager.
 
  • Catégorie : Essai
  • Date de publication : Juin 2013
  • Editeur : Atramenta
  • ISBN : 978-952-273-220-0
  • Format : 148x210mm, 90 pages
  • Pages : Noir et blanc sur papier bouffant 80g
  • Reliure : Couverture souple, finition brillante
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